Une promenade visuelle
pour l’oeil avisé
Cette exposition commence en amont du festival de l’Oh ! 2006 qui se déroule les 21 et 22 mai prochains, elle est en accès libre et dure trois mois, du 1er mai au 30 juillet 2006.
36 photos grand format sont exposées à ciel ouvert sur les bords de la Marne, Quai Victor Hugo à Champigny-sur-Marne, juste en face de la guinguette “Le Martin Pêcheur”. À deux pas du RER...
L'eau vive du front populaire
Il y a soixante-dix ans, un mouvement d’une ampleur sans précédent a conquis en quelques semaines des droits qui nous paraissent aujourd’hui évidents : les congés payés, la diminution du temps de travail, les droits syndicaux, la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans.
Cette grande victoire de la gauche a profité à
l’ensemble des Français. Pendant ce court été du Front
populaire, la liberté et la joie ont régné sur notre pays. Les bords de Seine et de Marne ont connu cet été 36 une affluence extraordinaire. Proches de Paris, accessibles et navigables, les deux cours d’eau principaux de notre département se sont naturellement imposés comme la destination de fin de semaine
des ouvriers de Paris et de sa périphérie. Les enfants dans l’eau, les plus âgés à la sieste, les jeunes gens sur la piste de guinguette… le dimanche était vite passé.
1936, c’est peut-être la plus extraordinaire génération de photographes du XXe siècle.
Le Front populaire va révéler une fantastique génération de photographes. Ils sont souvent français, mais aussi russes, polonais et surtout hongrois. Poussés par la misère, les pogroms et la montée du fascisme, ceux-ci ont rejoint Paris, la ville de la liberté. Ils sont peintres, architectes, parfois photographes ou le deviennent pour subsister.
Les bords de Marne d’Henri Cartier-Bresson, l’Espagne en guerre de Capa, les grèves de David Seymour, le plein air de Pierre Boucher, les mises en scène des photographes anonymes d’agences de presse composent un portrait surprenant de cette année 36 qui resta toute leur vie dans le coeur de ceux qui l’ont vécu. Ils jettent sur et été 1936 un regard particulier : un peu canaille pour Capa, tendre pour David Seymour ou Willy Ronis, souvent ironique chez Cartier-Bresson, graphique chez Boucher. « La Ruée vers l’eau » est l’hommage qu’ils méritent.
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